Aujourd’hui, journée internationale du droit des femmes, j’écoute ce que disent les experts des évolutions de notre société. Et je m’étonne d’entendre, à un moment où l’on m’explique ce que montre l’index Pénicaud du classement des entreprises en matière d’égalité homme/femme dans nos entreprises, que les exigences en matière de changement vers cette égalité sont suspendus dès lors que cette entreprise rencontre des difficultés. Il est temps d’en parler, et peut être d’exploser quelques croyances limitantes…

Le syndrome du repli sur soi

Je note ce comportement reflexe de repli sur soi lorsque les choses ne vont pas bien. Je le vois dans les entreprises que j’observe, que j’accompagne, jusqu’à chacun des individus que je coache, et bien sûr moi même…

Comportement naturel de protection, je note tout de même que l’intention donnée à ce repli sur soi va générer des résultats très différents suivant ce que l’on cherche à atteindre et aussi ce que l’on comprends de la situation.

« On ne résout pas un problème avec les modes de pensées qui l’ont engendré »

disait parait-il Albert Einstein

En tout cas, il a su démontrer que c’est en changeant son mode de pensée qu’il a effectivement avancé significativement dans la résolution de problèmes complexes. Et je constate également ceci auprès de tous ceux que j’ai accompagné jusqu’ici, et encore une fois, dans ma propre démarche de changement.

Changement de type 1, changement de type 2

J’en parle régulièrement dans mes posts (à croire que ce sujet me passionne!) le changement se scinde en 2 types aux actions et conséquences bien différentes. Et je vais simplifier leurs descriptions ici en :

Les autres sont le problème
J’attends que le contexte soit de nouveau favorable, le retour à la « normale »

J’ai un problème
Je peux explorer comment j’ai créé ce problème et peut être ne plus le reproduire.

On a bien 2 attitudes et intentions différentes. D’ailleurs, dans quelle posture vous mettez vous le plus souvent lorsque quelque chose ne se passe pas comme prévu? Ajoutez votre avis en commentaire 🙂

La plupart du temps, nous allons choisir la posture du « attendons que ça passe ». C’est bien moins énergivore! Pour autant, cela ne va probablement pas résoudre le problème mais plutôt lui laisser le temps de s’atténuer. En effet si l’on considère que par mes actions à aller vers mes objectifs, j’ai rencontré ce problème, si je ne change rien à ma démarche, il est probable que je rencontre le problème à nouveau. On peut le simplifier en « faire toujours plus de ce qui ne marche pas ». Et c’est bien la situation que je constate dans la majeure part de mes accompagnements. Alors il est temps de se donner le droit d’explorer les causes profondes et de tenter ce que l’on a encore pas essayé, au risque peut être… de réussir!

Changer notre modèle de société! Diantre! Ça fait peur!

Donner leur pleine place aux femmes dans nos organisations, c’est accepter la fin d’un patriarcat de principe pour allier les forces de 2 modes de pensées bien différentes. Je ne vais pas faire l’apologie et l’apport du matriarcat ici, mais je constate que j’ai apprécié régulièrement l’efficacité nouvelle/différente d’une politique conduite par une femme… Ne serait-ce que par un égo un chouilla plus au service de la cause que lorsqu’un homme est aux commandes… non? Alors, ça a bien l’air de donner des résultats, et pourtant, dans les textes, il est bien permis aux entreprises d’arrêter de se donner cette chance si le contexte devient plus complexe. On s’autorise à revenir aux modes de gestion connus, cela mêmes qui à priori ont créé cette situation complexe.

La crise actuelle (cette phrase de 2021 sera encore valable dans 5, 10, ou 20 ans, quelle que soit la crise hein 😉 ) a mis un coup d’arrêt à nombre de missions d’accompagnement à la transformation. Or cela me semble tellement paradoxal! Il semblerait que l’on n’ait le courage de changer que lorsque tout va bien. Du coup, ça sert à quoi? ben pas à grand chose… Et si finalement on ne souhaitait pas changer, parce qu’on souhaite simplement que rien ne change. Pourquoi pas. Dès lors que l’on a le contrôle sur tout ce qui nous entoure, ce qui là encore me semble-t-il, n’est pas le cas. Nous avons à gérer une complexité changeante, imprévisible, ambigüe (voir le concept VUCA) sur laquelle nous n’avons que peu de prise, si ce n’est la possibilité donnée de nous adapter. Cela veut dire changer. Changer de plan, changer nos façons de faire, d’être… Changer quoi!

Or voici ce que relève :

  • En temps de crise, on se donne le droit d’arrêter d’aller vers plus d’égalité
  • En temps de crise, on se donne le droit d’arrêter les transformations organisationnelles (Agiles notamment)
  • En temps de crise, on se donne le droit de remettre à plus tard son travail de transformation personnel ou organisationnel

J’en déduis que la perception du changement est d’amener du négatif plus que du positif… Pourquoi avoir souhaité commencer une transformation si l’on y croit finalement si peu?

Refuser de changer renforce les difficultés

Le retour à ce qui a fonctionné « dans le temps » montre bien cette croyance d’avoir le plein contrôle sur l’environnement. Qu’en refaisant ce que l’on faisait, on va refaire le monde tel qu’il était. Bon… LOL. Pardon pour le léger mépris perceptible dans mes écrits, mais ce n’est pas ce que je constate. Observons les cycles du changement d’Hudson ou les travaux de l’école de Palo Alto sur les approches systémiques pour une autre lecture. (oui les changements de type 1 et 2). Ainsi, un changement de type 1 (adaptatif) va opérer une transformation légère (de surface) propre à passer le moment difficile. Pour peu qu’il soit bref et pas trop douloureux, ça fonctionne. On a économisé de l’énergie et on peut poursuivre l’objectif initial. Bravo. Mais qu’en est-il des crises? Une crise n’est jamais ponctuelle, indolore, sinon, ce n’est pas une crise… ET bien un changement de type 1, adaptatif, répété devient épuisant parce que finalement, chaque adaptation amène à une courte satisfaction (si possible) avant de rencontrer à nouveau un problème à résoudre. Le problème n’est pas dans l’action entreprise mais dans le mode de pensée qui cherche à reproduire le contexte initial, celui dans lequel on a planifié le projet, celui qui a évolué dans la situation de crise.

Chaque instant, refuser la fatalité et faire confiance en ses capacités

Pour celui ou celle qui a un jour réellement expérimenté le changement de type 2 et ses conséquences, il y a un attrait certain à chercher à réitérer l’expérience, avec tout l’inconnu que cela implique. L’inconnu est certes, inconfortable, pour autant, une stratégie efficace existe : Être clairement ancré. Se connaître, ses valeurs, ses buts et aspirations, sa vision et laisser le reste, les détails, à l’appréciation des évolutions du contexte. Se connaître c’est se donner la capacité de faire rapidement les meilleurs choix pour soi, pour une entreprise comme pour un individu. Avoir une vision claire (partagée dans les entreprises) c’est garder en tête ce que l’on veut atteindre sans se soucier prioritairement de comment le faire. Le pourquoi avant le quoi et plus que le comment (voir Start with WHY de Simon Sinek). Faire avec le contexte, plus que chercher à créer LE contexte, c’est économiser de l’énergie et profiter de ce que les évolutions imprévisibles du contexte vont amener en terme d’innovation et de nouveauté. Des opportunités à chaque instant plus qu’une accumulation de problèmes 🙂

L’intérêt de se faire accompagner

Quand on fait partie du système, il est forcément plus compliqué d’y apporter un esprit critique, de remettre en question le contexte dans lequel nous évoluons et avons contribué par nos actions à créer. C’est pour cela qu’il est souhaitable pour plus d’efficacité de faire appel à un regard extérieur. Moi même, en tant que coach, je suis supervisé par un coach senior qui va me confronter à mes croyances dans l’excellence de mes pratiques, de ma posture. Je partage avec mes pairs mes pratiques pour m’enrichir de leur regard critique (et bienveillant) sur la meilleure façon possible d’accompagner mes clients. Et c’est exactement ce que je propose à mes clients pour leur permettre de faire les meilleurs choix pour eux mêmes, un moment particulier d’introspection et de regard critique sur leurs propres pratiques.
Par des quick-wins, acquérir la perception de votre réelle valeur, votre capacité à prendre votre destin en main et vous donner enfin les moyens de vos ambitions. Si vous vivez un moment difficile, une crise, c’est le bon moment pour entamer votre parcours de transformation. C’est maintenant que vous avez toutes les raisons de mettre en oeuvre votre changement. Que ce soit pour un accompagnement personnel ou organisationnel, offrez le temps d’un échange pour étudier votre problématique et la vie que vous vous souhaitez.

Les références

Bateson – Vers une écologie de l’esprit 1
Watzlawick – Comment réussir à échouer
Watzlawick – Changements
Watzlawick – La réalité de la réalité
Sink – Start with WHY

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